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Les projections

Avec 16 films programmés et autant de perles le cinéma est à l’honneur avec Hotu Ma'ohi ! Au musée du quai Branly (mais aussi à la Délégation de la Polynésie française), les cinéphiles retrouveront, avec le concours de Cinematamua et de l’ICA (Institut de la communication audiovisuelle) le « FIFO hors les murs », soit le meilleur du Festival international du film documentaire océanien de ses 5 dernières années ainsi que 3 films plus anciens (1978 à 1983) restaurés par l’ICA. Des projections suivies de conférences autour de thématiques représentatives de la Polynésie, mais aussi des spécificités culturelles de l’Océanie (les arts vivants, les danses, les tatouages, la religion ou encore l’adoption). Les Iles Marquises seront, elles aussi, à l’honneur avec la projection du récent documentaire Mon île Marquises, d’héritages en métissages.

 

Les projections - Au musée du quai Branly

 

Mardi 31 Mai

Les arts vivants, danses et tatouages
- à 11h
Les sentiers de la création (Sélection officielle FIFO 2007) réalisé par Marie-Hélène Villierme – 52 mn - 2006

- à 12h
Horo’a (le don) grand prix du FIFO 2008 réalisé par Jacques Navarro-Novira – 26 mn – 2007

Sous la houlette de Coco Hotahota, un hommage est rendu à Pauline Dexter qui avait consacré sa vie à la danse.

La préparation d’un spectacle de danse de «Ori Tahiti» mobilise les énergies d’une ampleur que bien peu soupçonnent. Autour de la création des textes et des musiques, se greffent la réalisation des costumes, des instruments de musique, des chorégraphies et des répétitions qui se déroulent sur plusieurs mois avec des effectifs qui dépassent les 150 personnes !

- à 14h30
L’encre et le geste (Sélection officielle 2010) réalisé par Jacques Navarro-Novira – 52 mn – 2009

C’est l’histoire d’une rencontre exceptionnelle entre deux expressions artistiques : la Peinture et la Danse et entre deux Danses, la contemporaine et le ‘ori Tahiti’. Mais ce mariage de culture ne va pas de soi. Les doutes sont  nombreux et les négociations âpres avant la réussite finale. Une rencontre inédite en hommage à un artiste peintre emblématique: Léon Taerea.

Suivi d’une conférence sur le « ori tahiti » - Histoire de l’évolution de la danse tahitienne .

- à 17h
Ta Moko  (Sélection officielle FIFO 2007)
réalisé par Kim Webby – 24 mn - 2006

Ta Moko relate l’évolution vers la modernité de l’art ancien et rituel du tatouage facial des Maoris de Nouvelle-Zélande. Ta moko suit trois personnes pendant le moko (tatouage facial traditionnel), depuis le retour à l’usage très traditionnel des ciseaux en os. Ta Moko invite à un passionnant et chaleureux voyage dans l’univers parfois effrayant, voire menaçant, des porteurs de moko.

Suivi d’une conférence sur le tatouage .

 

 

 


Mercredi 1er juin
Religion et identités

- à 11h
Ariipaea Vahine - 1978
«Ariipaea-Vahine» est à l’origine un poème de Henri Hiro. Ce poème deviendra une pièce de théâtre jouée plusieurs fois au Grand Théâtre et à Moorea par le Pupu Arioi. En 1978, l’unité cinéma Matarau est créée à la Maison des Jeunes et de la Culture. Le premier film de ce département sera une adaptation de la pièce. Les acteurs sont rodés, reste à écrire l’adaptation cinématographique.  Sous la houlette du conseiller technique Pierre Gurgand, la petite équipe composée de Henri Hiro, Harris Aunoa, Hubert Brémond, Do Carlson  et Dominique Arnaud se met au travail.

Les costumes et la scénographie sont confiés à Bobby, les aparima sont de Tumata Robinson et Tea Hirshon, et une pléiade de jeunes acteurs participent au tournage parmi lesquels : Benoît Hiro, Kakoum Florès, Hotu Hucke, Raphaël Tehiva, Temoaria Taputu, Charles Patu, Alphonse Tematahotoa, Johnny Arapari, Taputu Taputu, Vaihere Bordes, Tumata Robinson, Faufine Paofai, Rigobert Paofai, Tiare Bonnet, Henri Hiro et Heipua Bordes.

- à 12h
Tarava
Tourné entre 1980 et 1983 par Henri Hiro, Angelo Oliver et Harris Aunoa

Quand les missionnaires s’implantèrent en Polynésie, ils n’eurent de cesse d’interdire les chants et les danses traditionnelles car elles exprimaient les «perversions et la luxure» de ces peuples païens. Furent ainsi bannis les tambours et les flûtes, instruments de base de la musique polynésienne. Seul le chant choral était permis. Et les Polynésiens s’adaptèrent. Ils introduisirent dans le chant une série de voix de basse masculines destinées à rythmer le chant (en lieu et place du tambour) et un chanteur solo (en lieu et place de la flûte). Le reste de la chorale suivait et pouvait restituer les musiques anciennes. Ainsi sont nés les Himene Tarava. Chaque île ou groupe d’îles a ses propres Himene Tarava.

 

- à 14h30
Marae - 62 mn - 1983

Ecrit fin 1982 et tourné en juillet 1983, ce film de Henri Hiro retrace la cérémonie d’intronisation d’un jeune roi sur le marae Arahurahu de Paea. Unité de temps, unité de lieu, le film s’attache au détail de cette cérémonie d’antan avec tous les fastes que l’on peut imaginer. Un bon mois a été nécessaire au réalisateur et à l’équipe du Département recherche et Créations de l’OTAC pour filmer cette reconstitution. «Il est vrai, se souvient le chef opérateur Angelo Oliver, que l’emplacement du marae Arahurahu est peu propice au tournage .

Il est très peu ensoleillé. Aussi, afin d’avoir une lumière homogène tout le long du film, nous ne tournions que deux à trois heures par jour lorsque les nuages ne jouaient pas avec nos nerfs. A l’époque nous tournions en 16mm, avec une seule caméra, pas de multi-caméras comme aujourd’hui. Henri Hiro avait entièrement découpé son film, pas de place pour l’improvisation». Plus de 200 acteurs, danseurs, musiciens et figurants participeront à reconstitution. Les danses ont été chorégraphiées par Coco Hotahota, et les chants interprétés par le groupe Tereia de Penina. On trouve dans les rôles principaux : David Teai, Raymond Graffe, Tutea Itae, Whakateka, John Mairai et Antonio Matohi.

- à 15h30
Les possédés de FAAITE (Sélection officielle FIFO 2010) réalisé par Xavier-Marie Bonnot - 52 mn - 2009
En 1987, sur l’atoll de Faaite, dans l’archipel des Tuamotu, six personnes sont brûlées vives au nom de Dieu. Ce massacre sans précédent s’est déroulé sur une île minuscule qui ne compte que 350 personnes. Il a laissé derrière lui de profondes blessures et mis à jour un pan méconnu de l’histoire de la Polynésie, un visage en clair obscur d’un univers réputé paradisiaque. Aujourd’hui encore, bien des questions demeurent. Que s’est-il vraiment passé à Faaite?

Suivi d’un débat sur le thème religion et identités.

- à 18h

Made in TaÏwan : Nathan and Oscar’s (Sélection officielle FIFO 2007) réalisé par Dan Salmon - 45 mn - 2006

Grâce au test ADN, Nathan Rarere et Oscar Knightley, deux Polynésiens, découvrent que leurs ancêtres viennent pour l’un d’Eurasie de l’Est et d’Amérique, pour l’autre d’Eurasie Centrale et du Sud ! Ils décident alors de faire le voyage de leurs aïeux en sens inverse!  Ils nous emmènent ainsi aux îles Cook, au Vanuatu pour finalement s’arrêter à Taiwan.


Vendredi 3 juin
Le Fā’amu (adoption)

- à 14h    
Marquisien mon frère  (prix du public FIFO 2009) réalisé par Jacques Navarro-Novira - 53 mn - 2008

C’est l’histoire de deux frères marquisiens de l’île de Ua Pou. Pascal, l’aîné et Jean-Philippe. Le premier adopté par la famille du gendarme de Ua Pou part pour la Bretagne à l’âge de deux ans. Il fait toutes ses études en France. Après avoir travaillé pour le Ministère de la Défense, il revient définitivement sur son île, 25 ans plus tard, et retrouve sa famille biologique; le second souffre d’une phobie pathologique de la mer et des bateaux, est pourtant aujourd’hui capitaine de goélette : deux destinées qui se sont croisées.


- à 15h
Terre natale, retour à Rurutu (prix du public FIFO 2010) réalisé par Jean-Michel Corillon – 52 mn - 2009
Maeva et Eteroa sont âgés de 23 et 20 ans. Frère et sœur de sang, ils sont nés sur l’île de Rurutu en Polynésie et ont été adoptés aux premières heures de la vie par un couple français. Ainsi, ils ont grandi loin de chez eux. Aujourd’hui ils s’interrogent, veulent connaître leur origine et leur culture, découvrir l’île qui les a vu naître. Ils ont décidé de franchir le pas, de partir à la découverte de leur île natale, pour un voyage initiatique qui les mènera bien plus loin qu’ils ne l’avaient imaginé...
Suivi d’une conférence sur « le Fā’amu » (adoption).


- à 18h
Te henua E noho (grand prix du FIFO 2010) réalisé par Briar March - 80 mn - 2009
Ce film suit la vie de trois personnes dans la communauté unique d’une île du Pacifique au moment où elles font face aux premiers effets dévastateurs du changement climatique, une terrible inondation. Vont-ils décider de rester sur leur l’île natale ou vont-ils déménager vers un nouveau pays inconnu, abandonnant leur culture et leur langue pour toujours ?

 

 


Projection hors FIFO

 

- à 11h
Mon île Marquises, d’héritages en métissages
Film documentaire de Teaki Dupont - Teikivaeoho - 52 mn - 2010

« La culture marquisienne a survécu à l’arrivée des nouveaux découvreurs du XIXe siècle, puis à l’évangélisation chrétienne du vingtième siècle et aux soubresauts des essais nucléaires. Trois périodes phares dont mon aïeul Pakoko, mon grand-père Repoï, mon père Alain sont les porteurs de flambeaux familiaux. Ces chocs successifs qui ont élargi notre famille, renouvelé notre culture malgré tout. J’éprouve une responsabilité de transmission de cette filiation et de ses résonances avec l’Histoire. La mort de mon père a accru l’urgence de creuser mon identité mixte et de la transmettre.
L’INSULAIRE ET L’ETRANGER, COMMENT VIVRE ENSEMBLE ?
«Mon île Marquises» fait parler mes proches, ceux qui ont façonné les Marquises de mon enfance et d’aujourd’hui.
Aux Marquises, la vie n’est pas idéale. C’est la capacité d’adaptation de ses habitants à l’environnement hostile et majestueux qui est idéale. Aux Marquises, l’étranger est face à un choix binaire : s’adapter ou souffrir.
«Mon île Marquises» se construit sur une binarité similaire: Comment coexistent mes deux cultures marquisienne et française ? Comment les transmettre ?»

 


Les projections - A la Délégation de la Polynésie

 

Mardi 7 juin à 19h
Kuru : The Science and the Sorcery (Sélection Officielle FIFO 2010)
réalisé par Rob Bygott - 52 mn - 2010

Des chercheurs ont enfin identifié  «les prions», ce pathogène, cause de ce mal mystérieux, le «KURU», qui tue en Papouasie Nouvelle Guinée.

Suivi d’un débat avec Simone Grand, docteur en Anthropologie culturelle et  Présidente de la Société des Etudes Océaniennes.

Jeudi 9 juin à 19h
Lucien Kimitete, un homme de la Terre des Hommes (Sélection Officielle FIFO 2010)
réalisé par Dominique Agniel - 52 mn - 2010

Lucien Kimitete, disparu brutalement, reste pour les Marquisiens une figure emblématique dont ils veulent perpétuer la mémoire, car il a rendu à son peuple sa fierté et sa culture.

Suivi d’un débat avec la réalisatrice du film et Manouche Lehartel

 


 

Focus sur …

Le FIFO
Afin de mettre en valeur les productions filmographiques océaniennes, la Polynésie française a créé le Festival International du Film documentaire Océanien (FIFO) qui se déroule une fois par an en Janvier, à la Maison de la culture (Te Fare Tauhiti Nui) à Tahiti. Ce festival se veut être le carrefour annuel des images océaniennes.
Trait d’union entre les peuples de Mélanésie, de Micronésie, de Polynésie et l’Occident, le festival est devenu un lieu privilégié où la parole est donnée à l’homme du Pacifique.
http://fifo-tahiti.com/

 

 

 

Cinematamua
Découvrir le Tahiti d’autrefois à travers les films, tel est l’objectif des nuits  «Cinematamua», crées sous l’initiative de l’ICA (Institut de la Communication Audiovisuelle) et la Maison de la culture - Te Fare Tauhiti Nui en septembre 2003. «Cinematamua»  est la contraction des deux mots : “cinéma” et “matamua” qui signifie en reo tahiti “autrefois ”.
Ce sont des films amateurs venant d’un peu partout dans le monde qui sont restaurés par l'équipe de l'ICA et diffusés au public. Depuis la création du label “Cinematamua”, plus de 6000 spectateurs assistent à ces soirées chaque année et plus de 150 films ont été restaurés et projetés pour le plus grand plaisir des Polynésiens.
Grâce à l’image, nous avons en mémoire les paysages et scènes de vie de Tahiti depuis les années 1930 jusqu’à aujourd’hui. Ainsi, la photographie est aussi importante car elle a permis d’immortaliser le Tahiti d’autrefois, et permet aujourd’hui de transmettre cette richesse aux nouvelles générations.
http://www.ica.pf

 

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